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Troisième réunion du CNCE Veille sur la stabilité du système financier

Publié par: admin on août 2nd, 2009 est intégré sous Economie. Vous pouvez suivre tous les réponses RSS 2.0. Vous pouvez aller vers la fin pour laisser une réponse.

20090801-p-cnceFace à une conjoncture externe défavorable, l’économie nationale aura certainement fait montre d’une capacité de résistance pour le moins remarquée.

Mais quand bien même cette propension mériterait d’être mise en exergue, il n’en demeure pas moins qu’elle ne saurait prêter le flanc à une quelconque «frilosité» en matière de poursuite de réformes structurelles. Ces percées devraient être capitalisées pour permettre «une sortie de crise» et par ricochet, «le retour à une croissance durable et pérenne». Unanimes, les participants à la troisième réunion du Conseil national du crédit et l’épargne (CNCE) qui s’est tenue mardi dernier à Rabat se sont accordés à dire que l’heure n’est, de toute évidence pas, à l’attentisme. Ainsi, tout en pointant du doigt ces intenables fragilités dévoilées par la crise (faiblesse de l’offre exportable, insuffisance de compétitivité des secteurs orientés vers l’extérieur…) le ministre de l’Economie et des Finances, Salaheddine Mezouar, a estimé qu’au-delà des solutions conjoncturelles, «des réponses structurelles doivent être mises en place pour se mettre au diapason des changements issus de la crise».

Autrement dit et selon le haut responsable, la planche de salut reste au prix de la mise en œuvre, accélérée, «des politiques sectorielles tout en intégrant les mutations en cours». Pour le secteur financier, le jeu en vaut incontestablement la chandelle. Surtout si l’on sait qu’en tant qu’agent économique et en tant qu’accompagnateur de l’élan de la consommation et de l’investissement, ce secteur aura enregistré à son actif bien des performances. En moins d’une année, force est de dire que d’indéniables progrès ont été accomplis par ce secteur dans la mise en œuvre d’un certain nombre de chantiers structurants, notamment le renforcement de la supervision financière, l’approfondissement des marchés des capitaux et le développement de la bancarisation. Ainsi et pour ce qui est de la supervision, M. Mezouar tient à se référer aux deux projets de loi relatifs au CDVM et à l’autorité de supervision du secteur des assurances et de la prévoyance sociale, estimant que ces initiatives ont permis de conférer à ces deux organismes «une complète autonomie en conformité avec les meilleurs standards internationaux».

Pour lui, «ces changements fondamentaux au niveau de la supervision constituent les gages d’un contrôle plus efficace, mais également un prélude à une meilleure coordination des interventions des différentes autorités de supervision du secteur financier». Mais de telles réalisations ne signifient pas pour autant que l’ensemble des acteurs du secteur «dorment sur leurs lauriers». A contrario, cela sous-tend de facto que l’on inscrive les perspectives de réformes du secteur financier dans une «vision à moyen terme». Sur ce registre, le ministre a fait savoir que quatre nouveaux axes seront désormais privilégiés. Ainsi et pour ce qui est du développement de l’épargne longue, M. Mezouar a signalé que l’objectif est «de se doter d’une vision d’ensemble permettant de cibler les secteurs appropriés et de définir les paramètres et les dispositifs devant inciter à leur développement». S’agissant du développement des marchés des capitaux, il est prévu de mener à leur terme «un certain nombre de réformes d’ordre législatif et institutionnel dont notamment les dispositifs prévus par le projet de loi régissant le marché à terme d’instruments financiers, l’encadrement des opérations prêts-emprunts de titres et l’ouverture du capital de la société gestionnaire».

Pour ce qui est de la supervision, des propositions de réforme ont commencé à émerger à la suite de la crise financière actuelle, a laissé entendre le ministre qui a tenu à inviter les parties prenantes à engager «une réflexion sur les adaptations nécessaires du cadre institutionnel et légal pour renforcer la stabilité du secteur financier». On s’attelle également à l’amélioration de l’accès aux services financiers de base et au financement adéquat des unités productives et en l’occurrence les PME, puisque un plan d’action sera bientôt mis en œuvre pour développer sensiblement la bancarisation. C’est d’ailleurs à cet effet que le ministre a affirmé «son intention de réviser le mode d’indexation des prêts à taux variables, en remplaçant les taux des bons du Trésor par les taux du marché interbancaire». Ces avancées réalisées par le secteur financier ont également été mises en exergue par le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, pour qui «le Maroc est parvenu à résister aux répercussions directes de la crise».

Selon lui, la solidité du système bancaire et financier est le fruit d’un long processus de réformes menées depuis la décennie précédente. «Le rythme des réformes s’est intensifié au cours des cinq dernières années en vue de renforcer le cadre prudentiel et le dispositif proactif de détection et de gestion des risques», a expliqué M. Jouahri, avant d’indiquer que dés le déclenchement de la crise sur le plan international, «les banques ont été tenues à davantage de vigilance pour le suivi de la qualité aussi bien des actifs étrangers détenus dans leurs portefeuilles que de leurs contreparties». D’ailleurs, tient à assurer le gouverneur de la Banque Centrale, certaines investigations montrent que l’exposition du secteur bancaire aux facteurs de risques ainsi que les canaux de contagion purement financiers de la crise sont très limités. La part des actifs étrangers est faible, les banques ne détiennent pas de produits dits «toxiques» et les risques sur les contreparties étrangères sont maîtrisés.

Et la vigilance reste toujours de mise puisque, tient à faire savoir M. Jouahri, des travaux sont en cours pour la mise en place d’un cadre de surveillance macro-prudentielle, basé à la fois sur des tests de stress pour évaluer la résilience du système bancaire à différents chocs et sur la conduite de simulations de crise systémique, en concertation avec les autorités de régulation et de supervision du secteur financier. L’objectif est de s’assurer l’efficacité des dispositifs actuels et d’identifier les axes de leur amélioration et ce, en vue d’asseoir, sur des bases solides, la coordination entre les autorités de régulation, en cas de survenance d’une crise systémique. Il s’agit aussi et surtout d’assurer une veille globale sur la stabilité du système financier. Cela dit et pour le wali de Bank Al-Maghrib, les évolutions récentes de l’environnement économique et les implications de la crise mondiale incitent les uns et les autres à améliorer la gestion macroéconomique du Maroc. «Nous devons donc tirer les leçons de cette crise sans pour autant priver notre économie du bénéfice de la libéralisation et des innovations financières». Pour M. Jouahri, les défis auxquels la politique macroéconomique aura à faire face devant donc s’intensifier, la qualité de la gestion macroéconomique revêt à cet égard une importance particulière.

«Le cadre de politique monétaire devra donc être adapté en permanence pour pouvoir accompagner ces changements économiques». Pour le Maroc, a encore noté M. Jouahri, la nécessité de faire évoluer à moyen terme l’objectif de la politique monétaire vers le ciblage d’inflation, découle du processus d’insertion du pays dans l’économie mondiale. Les engagements pris par le Maroc, dans le cadre de son ouverture, vont approfondir davantage l’ouverture financière et commerciale. Pour sa part, le président du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), Othman Benjelloun a affirmé que la réglementation bancaire et financière et les politiques de change menées au Maroc « interagissent avec la solidité des infrastructures financières marocaines et notamment des banques », dans un contexte international marqué par une crise financière aiguë. Pour M. Benjelloun, le secteur bancaire au Maroc joue pleinement son rôle de financement sain de l’économie, d’accompagnement des multiples réformes et chantiers structurants patiemment menés, ainsi que son rôle d’appui apporté aux entreprises, aux PME et au logement social. Selon lui, le CNCE peut représenter le lieu où la communauté financière pourrait résolument se projeter dans l’avenir, mettre en perspective ce qui a été réalisé par rapport à une vision commune et partagée de l’économie marocaine et plus particulièrement du devenir de son système et de son rayonnement au Maroc et au-delà de ses frontières.
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Convention Trésor-BAM

En marge de la tenue de la troisième réunion du CNCE, il a été annoncé la mise en place d’une gestion active de la trésorerie de l’Etat par le biais d’une convention entre le Trésor et Bank Al-Maghrib stipulant « les conditions du recours du Trésor au marché monétaire pour placer ses excédents temporaires de trésorerie et couvrir ses besoins de très court terme. Cette convention qui fixe ainsi les modalités d’intervention de la direction du Trésor et des finances extérieures sur le marché monétaire, permettra une optimisation de la trésorerie publique, grâce aux opérations de placement et d’emprunt, et ce dans le respect de la conduite de la politique monétaire.

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