Le Maroc a décidé de façon, on ne peut plus, irrévocable de lutter contre les stupéfiants et toutes les activités des barons de la drogue, ont indiqué des participants à l’émission « Difatane » (Rives), diffusée jeudi soir par la chaîne de télévision Médi 1 Sat.
Intervenant à cette occasion, M. Ahmed Ben Dahmane, commissaire de police et professeur à l’Institut Royal de police de Kénitra, a affirmé que le Maroc qui a fait sienne la lutte contre la drogue, a décidé de façon irréversible de lutter contre ce fléau et de mettre fin à toutes les activités des barons.
« Aujourd’hui, on peut avancer que la phase des barons de la drogue est presque révolue et qu’on est en train de finir avec la protection que leur assurent certains fonctionnaires de l’Etat et des responsables dans les administrations publiques et les conseils élus », a-t-il assuré.
Après avoir souligné que personne n’échappera au châtiment, M. Ben Dahmane a indiqué que désormais l’Etat est de plus en plus décidé à faire face à l’infiltration des barons de drogue du tissu sociétal, en frappant d’une main de fer tous ceux dont l’implication dans le trafic de stupéfiants est avérée, quelle que soit leurs fonctions ou l’autorité dont ils dépendent.
Il a rappelé l’implication de certains acteurs associatifs, des élus locaux et d’un ancien parlementaire dans le réseau dont les membres ont été récemment arrêtés, précisant que « les barons de drogue s’activent au niveau régional avant de prendre, ensuite, de l’envergure et chercher la protection pour bénéficier de l’impunité ».
« Le Maroc n’est pas le seul pays à connaître l’infiltration des organes chargés de l’application de la loi », a-t-il encore avancé, estimant que cette infiltration, qui demeure minime et qui ne suscite aucune inquiétude, peut s’expliquer par des tentations d’ordre matériel.
Le professeur Ben Dahmane a de même évoqué nombre de mesures qui ont été prises pour lutter contre les trafiquants de drogue, aussi bien dans le cadre des conventions internationales qu’à celui de la stratégie sécuritaire adoptée par le Maroc.
Le plus grand bénéficiaire de la culture du cannabis sont les barons de drogue et non les agriculteurs, a-t-il précisé, soulignant l’impact négatif du trafic de la drogue sur l’économie nationale.
De son côté, M. Mohammed Hmamouchi, directeur de l’Institut national des cultures médicinales et aromatiques, a affirmé que les rapports internationaux assurent que le Maroc a consenti de grands efforts dans la lutte contre la drogue, notamment le cannabis.
A propos des alternatives à la culture du cannabis, M. Hmamouchi a fait savoir qu’une stratégie est actuellement en application et que l’Institut national des cultures médicinales et aromatiques a réalisé une étude pour la substitution de la culture du cannabis par des cultures médicinales et aromatiques dont les recettes sont encore plus importantes.
« Il faut programmer des alternatives à moyen et long termes de sorte à tenir compte des besoins pressants des agriculteurs », a-t-il dit .
Pour sa part, M. Ahmed Aït Haddou, Secrétaire général du Réseau marocain de l’économie sociale et solidaire, a souligné le passage d’une approche sécuritaire à une autre de développement dans la lutte contre la culture du cannabis, notant que les cultures aromatiques et médicinales sont bien une alternative pilote de même que l’apiculture moderne.
Il a de même insisté sur l’implication de tous les acteurs concernés dans la recherche d’alternatives appropriées, soulignant à cette occasion l’importance qu’accordent le Plan Maroc-Vert et l’Initiative nationale pour le développement humain aux petits agriculteurs.
